Musulmane, Taos est attirée par le Christ depuis l’enfance.

Puis je suis revenue au domicile familial et dans la cité ouvrière de la banlieue parisienne dans laquelle nous vivions. Au collège, je me suis mise à la recherche de chrétiennes parmi mes copines, et je n’en ai pas trouvé. L’une d’elles enfin, m’annonce qu’elle a fait sa première communion en ajoutant « mais tu ne sais pas ce que c’est, toi » ; toute contente je m’empresse de lui dire que je sais de quoi elle parle et qu’elle doit être heureuse. À mon grand étonnement, elle hausse des épaules et répond : « Non, je m’en fous mais j’ai eu des cadeaux. » À partir de ce jour-là, j’ai été convaincue qu’il ne restait plus de chrétiens… sauf moi, le pape et Mère Teresa. Pendant toutes les années qui me séparent de ma venue à Paray-le-Monial, je savais que Jésus était amour, qu’il était Dieu (je ne sais pas trop comment, je le savais, certainement par la catéchèse reçue lors de mon internat). Qu’il fallait aimer tout le monde et que pour prier, je pouvais réciter le « Notre Père » comme Jésus nous l’avait appris. Alors que j’ai 17 ans, une amie de mon lycée organise une sortie au théâtre pour voir la pièce de Robert Hossein, « Un homme nommé Jésus ». Durant la représentation, je suis émue. En entendant parler de Jésus, je reconnais ce que, petite, on m’avait raconté sur lui ; il y a une scène où le « Notre Père » est clamé, je le récite de concert. Cette amie assise à côté de moi me voit animée et semblant très concernée, elle m’interroge et je lui réponds : « La religion chrétienne m’intéresse beaucoup, plus tard je l’étudierai. » Touchée par mes paroles, elle-même convertie l’été d’avant à Paray-le-Monial, elle m’invite à une session « avec des jeunes chrétiens ». J’accepte avec joie. Juillet 1984, j’arrive à Paray-le-Monial : il y a des chrétiens partout et le nom de Jésus est sur toutes les bouches ! Je sanglote de joie cinq jours durant. Le Dieu d’amour entrevu enfant, Jésus, est devenu vivant, il m’aime vraiment et il sera avec moi tous les jours… Tous les jours ! L’année qui suit, j’obtiens mon bac et je m’installe sur Paris. Je commence à fréquenter le groupe de prière de Notre-Dame-des- Champs, mon amie du lycée me met en contact avec un prêtre qui, dès la première entrevue, organise mon baptême. Je suis si assoiffée ! Une jeune du groupe de prière me prépare au baptême pendant plusieurs mois. Je deviens enfant de Dieu, chrétienne, un Noël, entourée de plusieurs jeunes de ce groupe de prière. C’était il y a 30 ans, c’est comme si c’était hier, le plus beau jour de ma vie. J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer cette amie qui n’a pas eu peur de m’inviter à Paray-le-Monial, d’avoir croisé ce prêtre qui m’a accueillie pour le baptême et d’avoir été accompagnée par la Communauté de l’Emmanuel grâce à laquelle j’ai appris à connaître Jésus dans la richesse inouïe de la tradition de l’Église catholique.¨













